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| Des « croûtes » pour sublimer la Constitution | ![]() | ![]() | ![]() |
| hu lala |
| 2011. november 25. péntek, 18:20 |
Kulcsszavak: Parmi les 15 illustrations de la nouvelle loi fondamentale qui entrera en vigueur en janvier prochain en Hongrie, plusieurs sont sujets à polémique depuis leur publication dans la presse. Hormis les aspects esthétique et politique de la démarche qui sont déjà très discutables, beaucoup parlent « d’art de l’absurde » concernant les thèmes abordés par certains tableaux.Les 15 toiles, qui dépeignent les événements importants de l’histoire contemporaine hongroise (les 150 dernières années) ont été rendues publiques lundi dernier. Imre Kerényi, un proche de Viktor Orbán controversé pour son parcours politique schizophrénique*, avait passé cette commande en septembre auprès de différents artistes locaux pour orner la "Table de la Constitution". Les premiers pas de Viktor Orbán dans le « subtil » mélange de l’art et de la politique avaient pourtant déjà pris une tournure ridicule en 2000. A l’époque, l’historien préféré de Viktor Orbán, István Nemeskürty, avait commandé un gigantesque tableau représentant le premier ministre, son n°2 chargé de l’Agriculture Jozsef Torgyán et le reste de son gouvernement de 1998 - 2001 devant la Sainte couronne de Hongrie. Au dernier moment, le tableau d’István Róth immortalisant le premier « règne » d’Orbán n’avait pas été payé, mais aujourd'hui, il mérite qu’on y jette à nouveau un coup d’œil : Dix ans plus tard, la leçon n'a apparemment pas été retenue par les fidèles d'Orbán. Les "chefs d'oeuvre", qui selon la commission commanditaire, traitent des événements les plus importants depuis le compromis austro-hongrois de 1867, ont coûté 1,6 millions de forints chacun (plus de 5000 euros). Ils sont actuellement en sécurité à la bibliothèque nationale Széchenyi, protégés par des gardes armés. Le gouvernement craint peut-être qu'ils soient volés, mais il serait plus rationnel de penser qu'ils puissent être vandalisés. La Fidesz refait l'HistoireParmi les oeuvres qui "dérangent", on retiendra celle de János Körényi, intitulée "La charge de la cavalerie". Le tableau représente un cavalier de la police montée tuant un ange lors des émeutes du 23 octobre 2006. Ce jour-là, même s'il est avéré que la police avait perdu le contrôle de la situation, bon nombre de manifestants (notamment de l'extrême droite) n'auraient su être comparés à des "anges"... Lors d'une interview sur la chaîne ATV mercredi dernier, le commanditaire des tableaux, Imre Kerényi, a répondu à la critique selon laquelle le choix des incidents du 23 octobre 2006 pourrait être considéré comme "politiquement orienté". A la question de savoir si la répression des émeutes de 2006 pouvait être présentée sur le même plan que des événements tels que l'Holocauste ou la Seconde Guerre mondiale, Kerényi a rétorqué : "Les milieux intelectuels que vous représentez pensent bien sûr différemment de nous. Mais nous, nous représentons les choses telles que nous les voyons. Vous pourriez, vous aussi, représenter ce que vous voulez, mais pour cela il vous faudrait gagner une élection". Voilà qui est clair : la Fidesz est toute puissante et fait ce qu'elle veut, tant avec les lois fondamentales qu'avec la représentation officielle de l'Histoire. Le "réenterrement" d'Imre Nagy, la consécration de Viktor Orbán"Le réenterrement d'Imre Nagy" de Tamás Galambos. A droite de la scène, Viktor Orbán fait son discours. Un second tableau de la série peut poser problème : celui qui représente le "réenterrement" d'Imre Nagy et des "martyrs" de l'insurrection de 1956, le 16 juin 1989. En effet, pour beaucoup de Hongrois, cet événement est avant tout la première apparition publique de Viktor Orbán, cruciale pour le reste de sa carrière politique. Ceux qui ont un "oeil de lynx" pourront remarquer que c'est précisément l'instant où Orbán a prononcé son discours ce jour-là qui est représenté par le tableau. Pourtant, parmi la bande de mégalomanes qui entourent Orbán, Anikó Lévai, son épouse, avait fait preuve de bon sens en demandant à Kerényi que son illustre mari n'apparaisse sur aucune des toiles de la série. Quant à la petite-fille d'Imre Nagy, elle-même artiste, elle aurait déclaré que l'ensemble des oeuvres lui inspirait "l'absurde de l'absurde"... * Ancien directeur du théâtre Madách à Budapest sous le régime communiste, Imre Kerényi a également été secrétaire du parti. En 1989, il rejoint le MDF. Après avoir perdu lors d'une première campagne, il passe successivement au MSzP puis au SzDSz dans le courant des années 90. Sa révélation pour la Fidesz intervient en 2002, après la défaite du parti d'Orbán aux élections législatives. Son passé communiste n'est alors pas un problème pour le leader Fidesz, qui lui confie l'organisation de ses gigantesques meetings politiques. Kerényi incarne dès lors "la culture hongroise selon Orbán", et réalisera sa transformation kitsch voulue par le grand chef. Après une nouvelle défaite aux législatives de 2006, Kerényi et Orbán promettent régulièrement une révolution en Hongrie (le meeting de la Fidesz le 23 octobre 2006 est d'ailleurs considéré par bon nombre de Hongrois comme un moment clé dans la victimisation des classes populaires et la diabolisation du gouvernement Gyurcsany par Viktor Orban). Ce "grand soir" tant attendu, ils le réalisent le 25 avril 2010 avec la victoire historique de la coalition entre le parti chrétien KDNP et la Fidesz, qui obtient les deux tiers des sièges au Parlement, et par-là même les pleins pouvoirs en Hongrie. La rédaction d'une nouvelle Constitution, rétablissant "l'ordre moral et religieux" devient alors une priorité nationale. Authors: hu lala Eredeti cikk: http://bit.ly/uEqjqr Kulcsszavak: |












