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Mozart, Beethoven! Avec Bach, deux des trois plus grands noms de toute l’Histoire de la musique. Et pourtant.... On sait que les deux hommes se rencontrèrent à Vienne au printemps de 1787. Beethoven, encore âgé de seize ans, rendant visite à son aîné de quinze ans, alors au faîte de sa gloire. Contrairement à ce qui est probablement une légende, selon laquelle Mozart aurait déclaré „Faites attention à celui-là, car il fera parler de lui dans le monde”, la rencontre semble être plutôt tombée à plat. Mozart n’ayant vraisemblablement porté qu’une attention distraite au jeu du jeune Beethoven. Mais n’oublions pas que Beethoven, pianiste et improvisateur hors du commun, n’avait encore rien composé (1). Quant à Mozart, nombreux étaient ces petits génies que l’on n’avait cesse de lui présenter, ce qui finissait par le lasser, voire avait le don de l’agacer. Gardant mauvais souvenir des exhibitions auxquelles son père l’avait contraint dès son plus jeune âge, Mozart avait les enfants prodiges en horreur. Donc, rien... Mozart ne cherchant pas à revoir le jeune Ludwig qui, pourtant, avait, dit-on, merveilleusement improvisé devant lui au piano. Mais bon... il n’était probablement pas le seul...

   

Lorsque Beethoven allait par la suite s’établir définitivement à Vienne (1792), Mozart était mort depuis un an déjà. Si donc, Mozart n’aura pas eu le loisir d’apprécier l’art de Beethoven, ce dernier, par contre, lui voua une profonde admiration. Les associer dans un même concert était donc la plus naturelle des choses et n’a d’ailleurs rien d’original. Rien d’original, peut-être, mais tout pour séduire. Surtout avec le programme qui nous était offert en cette soirée au Palais des Arts de Budapest par l’ensemble Concerto Budapest dirigé par son fondateur András Keller. Rien moins que la Neuvième, précédée du 23ème concerto en la majeur du maître de Salzbourg. Un concert donné à la mémoire du pianiste et chef hongrois Zoltán Kocsis qui nous a quittés en novembre dernier.

Dans le concerto, la partie de soliste était confiée à Tamás Érdi, pianiste aveugle de 37 ans. Encouragé à ses débuts par Zoltán Kocsis, Tamás Érdi est aujourd’hui bien connu du public hongrois. Avec ses adeptes, pour ne pas dire ses fans, mais aussi ses détracteurs. Ces derniers déplorant une médiatisation un peu trop forcée, exploitant son infirmité pour en faire une vedette, selon eux sans talent particulier. Dans le camp „opposé”, des voix comme celle de Zoltán Kocsis (malgré tout une référence en la matière..) qui ne tarissait pas d’éloges sur son jeu. Louant entre autres „l’extrême sensibilité de son toucher, naturelle chez lui, qui ne l’est pas, chez nous autres, voyants”. Qui a raison? Allez savoir! Le mieux était donc d’en juger par soi-même.

Zoltán Kocsis, Tamás Érdi

Composé en 1786, ce 23ème concerto est connu pour son émouvant adagio qui n’est pas sans rappeler le fameux andante du 21ème. Un adagio tout en sensibilité, imprégné de tendresse, comme une confidence. Mais qui peut offrir aux pianistes un piège dangereux: celui d’être joué de façon lascive, pour ne pas dire larmoyante, pour en souligner le pathos. Or, confidence ne veut pas dire épanchement. Surtout chez Mozart qui, malgré les apparences et la réputation que certains lui ont collée (le film Amadeus!) recelait en lui une profonde pudeur et avait horreur de ces états d’âme que l’on connaîtra par la suite chez certains romantiques (2).  Ici, le jeu de Tamás Érdi me parut parfaitement répondre à ces attentes. Par un toucher effectivement tout en finesse, le pianiste nous offrit un jeu simple, sans chercher à souligner tel ou tel effet. Et avec cela, un jeu parfaitement clair. D’aucun y verront pour leur part une certaine fadeur, un manque de nerf. Pour ma part, j’y vois au contraire la parfaite conception que je me fais de la musique de Mozart: simple, sans excès de recherche, limpide, comme coulant de source. Et peut-être d’autant plus émouvante par sa sincérité (pensant ici à l’adagio central). Un piano par ailleurs parfaitement intégré - et non „confronté” - à l’orchestre. Une formation relativement limitée (ni cuivres, ni percussion) qui m’a semblé, comme pour la partie de piano, bien convenir, jouée toute en légèreté.

Tout autre fut la seconde partie du concert avec ce monument qu’est la Neuvième de Beethoven. On sait que sa création en 1824 fut un triomphe. L’histoire est bien connue: placé dos à la salle, Beethoven, alors presque totalement sourd, n’entendit pas les salves du public. La chanteuse Karoline Unger le prit alors par le bras pour le retourner face au public dont il put alors „voir” les applaudissements. Un succès tel qu’au beau milieu du scherzo, l’orchestre dut même un instant s’arrêter de jouer, interrompu par les acclamations. Et pourtant, une oeuvre combien innovante pour l’époque!  (Réaction d’ailleurs surprenante quand on sait le goût plutôt conservateur du public viennois à l’époque... et aujourd’hui encore...) Devenue par la suite un grand classique de nos concerts.

Une oeuvre ici bien jouée, je dirais correctemement, sur des tempos bien choisis, avec clarté. Malgré tout peut-être un peu surdimensionnée pour une telle formation. Mes réserves: le premier mouvement rendu sur une sonorité un peu trop métallique et un choeur par moments criard, du moins à mes oreilles. Qu’on me pardonne! Mais pour le reste, rien à redire, bien au contraire. La palme revenant au quatuor des solistes, impeccable et pourtant, pour une partition combien difficile (3).

Dans l’ensemble, donc, une belle soirée. Qui ne restera peut-être pas dans les annales; malgré tout bien agréable. Et puis, une occasion de plus de réentendre deux oeuvres favorites du répertoire, notamment cette Neuvième symphonie dont on ne sort jamais totalement indemnes; marqués par une grande émotion.

Mozart, Beethoven: deux géants de la musique qui ne se seront donc pas côtoyés, quel dommage ! Je me prends par moments à imaginer ce qu’eût donné un Mozart vivant dix ans de plus ! Mais ne donnons pas dans la rêverie et revenons sur terre! Tout est finalement bien ainsi.  (4)   

PW – 10 mars 2017

 

(1): ce n’est que trois ans et demi plus tard (octobre 1790) que Beetheven allait nous servir sa première composition significative, la „Cantate sur la mort de Joseph II”. Alors qu’au moment de leur rencontre, Mozart avait donné l’année précédente ses Noces de Figaro et était sur la composition de Don Juan.

(2): à lire à ce sujet, l’excellent fascicule de Gil Delannoi„Mozart ou le génie de la discrétion” (Berg international, 2013)

(3): Tünde Szaboki, soprano, Atala Schöck, alto, Zoltán Megyesi, ténor, Marcell Bakonyi, basse.

(4): autre „loupé”, une rencontre Beethoven-Schubert qui n’eut jamais lieu, bien  que vivant à la même époque, à proximité immédiate l’un de l’autre.

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