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Toujours la même histoire. Une belle captive livrée par des pirates à un pacha lassé de son épouse, en mal de se procurer une nouvelle âme soeur. Et, comme par hasard, la belle de retrouver là son amant, esclave du pacha. Ledit esclave que le pacha entend pousser dans les bras de sa malheureuse épouse pour s’en débarrasser. Suit une cascade de péripéties débouchant sur une mascarade destinée à neutraliser l’attention du pacha: intronisé dans l’ordre italien des „papatacci”, celui-ci ne remarque pas que, pendant ce temps, le couple amoureux s’est envolé. Résigné, le pacha retourne trouver consolation dans les bras de son épouse. Bref, tout finit bien! La captive: Isabella, femme de fort caractère; son amant: Lindoro; le pacha: Mustafa, bey d’Alger, tout aussi follement amoureux d’Isabella que sot et grottesque; son épouse: Elvira.

On retrouve là un sujet très en vogue à l’époque, garantie de succès (voyez l’Enlèvement au Sérail). Quant à l’histoire proprement dite (1), elle avait déjà inspiré quelques années auparavant un autre opéra sous le même titre, de Luigi Mosca (2). Succès, avons-nous dit? Ce fut un triomphe. Il faut dire que, composée en trois semaines à l’âge de 21 ans, la partition figure sans conteste parmi les plus réussies de Rossini. Par son rythme enlevé, ses tempos rapides, son usage des crescendos et ses beaux airs et duos. Avec quelques trouvailles originales, telle la scène finale du premier acte, totalement déjantée, où, dans la confusion générale, les paroles sont remplacées par des onomatopées (imitant des sons d’animaux). Visiblement, Rossini – qui qualifiait son oeuvre de „passe temps” – s’en est donné à coeur joie. Composé trois ans avant le Barbier et quatre avant la Cenerentola, il s’agit là de son premier véritable opéra bouffe, encore écrit dans l’esprit de l’opéra napolitain. Une réussite telle que Stendhal, grand admirateur de Rossini, n’hésitait pas à la placer au-dessus de ses autres opéras. Sans aller jusque là, reconnaissons que Rossini nous a ici laissé un vrai bijou, petit chef d’oeuvre en son genre. „Ouragan de délires”(Piotr Kaminski), „Triomphe de la désinvolture” (Roland Manuel),„Scintillement et plaisir sensuel” (François-René Tranchefort). Bref, les éloges ne manquent pas...

Rien d’étonnant, donc, à ce que l’Italienne à Alger fît un tabac pour être reprise d’emblée sur toutes les scènes d’Italie et d’Europe. Curieusement, pas encore à Budapest... Plus de deux siècles après sa création, il était grand temps de la voir enfin inscrite au répertoire. Un grand merci, donc, aux programmateurs. Il faut dire que la partition en est particulièrement exigeante, nécessitant notamment, dans le rôle d’Isabelle, une voix de colorature parfaitement rodée.

 

    

Pour cette „création” hongroise, qu’en fut-il? La mise-en-scène, costumes et décors, tout d’abord. Précisons-le d’emblée: le metteur-en-scène a pris ici le parti délibéré de transposer l’action à notre époque, mais surtout dans mise-en-scène totalement déjantée. Pari pour le moins audacieux et risqué. Rossini n’est pas Offenbach. Et pourtant... force est d’avouer que cela a fonctionné à merveille. Nous l’avouons d’autant plus volontiers que nous étions les premiers à nous montrer réticents à l’annonce d’un tel choix. Ne serait-ce, déjà, que par le mélange et le violent contraste entre costumes orientaux et européens (en fonction des personnages ou des situations). Mais de beaux costumes. Là encore, nous n’en fûmes nullement gênés, moyennant un léger temps d’adaptation. Le tout sur fond d’un décor relativement sobre, mis en valeur par des éclairages clairs, lumineux, à l’image de l’oeuvre. Mais là où Máté Szabó, le metteur-en-scène, aura conquis son public, c’est dans ce rythme effréné, ce jeu en mouvement perpétuel qu’il a imprimés à l’ensemble. Aucun temps mort, même dans les récitatifs. Grâce entre autres à l’intervention quasi constante de danseuses soit à l’avant, soit à l’arrière de la scène, sans pour autant nous détourner de l’action. Dans une chorégraphie plutôt discrète, admirablement dansée. En bref, une représentation qui a parfaitement rendu ce rythme fou voulu par Rossini, cet „ouragan de délires”, comme l’a justement fait remarquer un critique.    

 

              

 

Et les chanteurs, dans tout cela? La perfection. A commencer par la mezzo-soprano Viktória Mester dans le rôle-titre (Isabelle). Un rôle particulièrement exigeant, tant au plan vocal que par le jeu qu’il appelle. Pour résumer en un mot sa prestation, nous nous bornerons à constater, sans aucune exagération, que nous avions là quasiment une seconde Marilyn Horne: la même voix, les mêmes intonations, le même jeu, la même présence. Pour ceux qui connaissent la cantatrice américaine, réputée grande spécialiste du rôle, la comparaison se suffira à elle-même pour mesurer combien fut remarquable la prestation de la Hongroise. Fait plutôt rare, tous les autres sans exception, même dans les petits rôles, furent irréprochables. A commencer par un Mustafa (András Palerdi) et un Lindoro (le ténor australien Alasdair Kent), campant tous deux parfaitement leur personnage et tous deux à la voix idéale pour le rôle. Il serait injuste de ne pas citer également le baryton italien Bruno Taddia, cocasse dans le rôle ingrat de Taddeo (soupirant évincé d’Isabelle), acteur hors pair, et Orsolya Sáfár dans celui, tout aussi ingrat, de la pauvre épouse rejetée Elvira. Les choeurs étant au diapason, de plus, eux-mêmes en constant mouvement, allant jusqu’à esquisser des pas de danse tout en chantant. Le tout soutenu par un orchestre dirigé en finesse par le chef italien Francesco Lanzillotta et, fait appréciable, ne se mettant pas trop en avant, juste ce qu’il faut, pour laisser la vedette aux chanteurs et aux choeurs.

Arrivés plutôt réticents, presque à reculons, nous voilà donc repartis totalement conquis, à l’image d’un public apparemment ravi au vu des applaudissements et rappels, dans une salle comble. Le miracle s’est donc produit. Une première qui a visiblement fait l’objet d’une préparation minutieuse. Souhaitons qu’elle soit suivie à l’avenir de nombreuses reprises.

PW – 19 novembre 2017

 

(1): que l’on prétend inspirée d’un fait réel.

(2): opéra qui, sans atteindre le génie d’un Rossini, gagne néanmoins à être écouté et connut également la faveur du public. On avance généralement que le jeune Rossini s’en serait largement inspiré (le brio en plus). Ce que semble effectivement corroborer une écoute parallèle des deux oeuvres.

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