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Né voici 285 ans (officiellement un 31 mars, en réalité un 1er avril, ce qu’il nia, de peur de passer pour un poisson d’avril, sic !), s’il en est un qui mérite aujourd'hui un mot de reconnaissance de notre part et de la part de nos amis Hongrois, c’est bien lui. Lui qui naquit dans le Burgenland à deux pas de la Hongrie, mais surtout qui passa la plus grande partie de sa vie au service de princes hongrois (les Esterhazy) et sut admirablement nous restituer les charmes de la musique populaire hongroise. De plus, un personnage hautement sympathique, non dépourvu d’humour, doublé d’un immense musicien. (Reprise d’un ancien exposé).

PW.

On dit parfois que les peuples heureux n’ont pas d’histoire. S’il en est ainsi, pour peu que l’on puisse appliquer le dicton aux individus, alors Joseph Haydn aura été une homme particulièrement heureux, car apparemment sans histoire. Mais l’apparence peut parfois tromper...

Une vie sans histoires ? Presque, mais pas tout-à-fait. En tous les cas riche en anecdotes. A commencer par celle liée à sa naissance: né un 1er avril, Haydn se déclara toujours né un 31 mars „de peur (selon son propre aveu)de passer pour un poisson d’avril”.  Voilà qui annonce la couleur !...

Né dans le petit village autrichien de Rohrau à deux pas de la Hongrie, Joseph était le deuxième de six enfants (six autres étant morts en bas âge). Des parents de milieu simple, mais respectable. Charron de son métier, le père Mathias exerçait également la fonction de juge cantonal. Des parents à la mémoire desquels il resta profondément attaché et qui, comme il le déclara lui-même, „m’habituèrent dès la plus tendre enfance à la propreté et à l’ordre, deux qualités devenues chez moi une seconde nature”.

Une enfance effectivement „sans histoire” selon le schéma classique: père amateur de musique („Par nature grand amateur de musique, il jouait de la harpe sans connaître ses notes, et enfant  de  cinq ans, je l’imitais consciencieusement en chantant ses airs courts et simples”); premières classes chez un parent lointain qui l’intégra dès l’âge de six ans dans la chorale de son école accompagnée par un petit orchestre; formation où le tout jeune enfant remplaça le timbalier décédé: d’où le goût prononcé qu’il manifestera par la suite pour cet instrument (1). Deux années „sans histoire”, mais guère heureuses, le tout jeune enfant se sentant un peu exploité par ses hôtes, et surtout - horreur! - ne supportant pas leur saleté et leur désordre. Par l’intermédiaire du curé qui avait remarqué ses dons, l’enfant passa bientôt aux mains d’un musicien assez réputé, Georg Reutter, maître de chapelle à la cathédrale Saint Etienne de Vienne, en charge de recruter des jeunes chanteurs. A l’âge de dix ans, le jeune Joseph se retrouva donc à Vienne, intégré à la Maîtrise de la cathédrale où l’on dit que sa belle voix suscitait l’admiration. Tout alla bien jusqu’au jour où la voix de l’enfant mua. Ici se situe une première anecdote peu reluisante: craignant de perdre son jeune chanteur, Reutter envisagea purement et simplement de le faire opérer pour en faire un castrat. Projet auquel l’enfant - extrêmement naïf et peu éduqué - ne s’opposa pas. Fort heureusement, débarqué par hasard à Vienne, le père s’opposa in extremis au projet. Ouf ! Mais alors, chassé de la maîtrise, Haydn se retrouva à la rue. Nous sommes en 1749, Haydn a 18 ans.

Le jeune Haydn eut la chance d’être recuilli par un ténor de la chorale, Spangler qui, bien que logé à l’étroit avec femme et enfants, lui offrit le toit de sa mansarde. C’est alors que se posa au jeune Joseph une douloureuse alternative pour survivre (son père ne pouvant l’aider): ou bien entrer dans les ordres, ou bien assumer des petits travaux en ville. Fort heureusement, malgré une petite hésitation, il opta pour la seconde solution. Second ouf! Petits boulots consistant à donner en ville des leçons de musique, à composer des arrangements ou à jouer dans des bals ou avec des petits ensembles de rue. De là lui est probablement venu ce goût qu’il aura toujours gardé pour les airs et danses populaires, par la suite souvent intégrés à sa musique. Devant quitter sa mansarde, Haydn, ayant récolté un peu d’argent, trouva finalement à se loger sur la Michael Platz (face à la Hofburg). Haydn mit à profit cette période pour se former en autodidacte, se procurant et étudiant les traités, notamment ceux de Fux. Il étudia aussi des sonates de Karl-Philippe-Emmanuel Bach, considéré alors comme le „grand Bach: „Je ne m’éloignais plus de mon clavecin avant de les avoir jouées et rejouées. Qui me connaît bien saura que je dois beaucoup à Emmanuel Bach.”

Et là, coup de chance inouï, il se trouva être le voisin du librettiste Métastase, „poète officiel” de la Cour, alors très en vogue. Métatsase, qui eut tôt fait de remarquer ses aptitudes, l’introduisit, par l’intermédiaire d’une amie, auprès de Porpora, chef d’orchestre et compositeur italien réputé dans toute l’Europe. De fil en aiguille, Haydn se retrouva engagé à 27 ans chez le comte Morzin comme Directeur de la Musique du Comte. Celui-ci devant faire face à des soucis matériels dut se défaire deux ans plus tard de son musicien. Mais, nouveau coup de pouce du destin, Joseph Haydn fut presque aussitôt engagé par un noble hongrois, le prince Paul-Antoine (Pál Anton) Esterházy qui recherchait un adjoint à son maître de Chapelle pour sa résidence de Eisenstadt (Kismarton pour les Hongrois). Une famille Esterházy que Haydn ne quittera plus et auprès de laquelle il accomplira désormais toute sa carrière.

Très souvent mis en avant par ses biographes, le contrat comprenait des clauses qui peuvent aujourd’hui surprendre, voire choquer, mais n’avaient alors rien d’anormal, ni même de blessant. Telle cette obligation de se tenir, avant et après chaque dîner, dans l’antichambre, en livrée, à disposition du prince, à faire preuve d’un comportement sobre (!) et honorable, ou encore de veiller au bon moral et à la bonne tenue des musiciens et au bon état des livrées et des instruments. La plus cocasse étant l’interdiction d’importuner le prince avec des niaiseries (!), telles que les différends entre ses musiciens. Et bien sûr, le tout agrémenté de l’obligation de composer régulièrement à l’usage exclusif du prince. Il faut savoir qu’un „maître de chapelle” (grand mot pour désigner le simple chef d’une petite formation) avait le même statut qu’un chef de cuisine. A fortiori pour l’assistant dudit maître de chapelle.

C’est à cette époque que le jeune Haydn rencontra sa future épouse. Pour le coup, une histoire bien malheureuse et un mauvais coup du destin. Car elle (Maria-Aloysa Keller) s’avéra par la suite être une vraie chipie, épouse stupide et acariâtre, qui lui mena la vie dure. Maria-Aloysa dont Haydn disait „Elle n’a aucune qualité et il lui est indifférent que son mari soit cordonnier ou artiste”. Ils se marièrent secrètement (son contrat lui imposant le célibat) en novembre 1760 à la cathédrale Saint Etienne. Il avait 28 ans, elle 32. Elle était la fille d’un coiffeur et son élève, avec sa soeur cadette. Cette dernière ayant rejeté ses avances pour entrer au couvent, Haydn, en partie poussé par le père qui voulait la caser, se rabattit sur l’aînée. Les familiers de Mozart feront immédiatement le rapprochement avec la rencontre pratiquement à l’identique entre Mozart et les filles Weber. A deux grandes différences près: les filles Weber (dont la cadette était une chanteuse d’opéras réputée), relevaient d’un milieu plus cultivé et, surtout, le mariage de Wolfgang fut un mariage heureux, les deux conjoints s’entendant comme larrons en foire, même si Constance, elle-même chanteuse, ne se montrait pas forcément toujours en extase béate devant la musique de son mari (2)

A partir de ce moment, nous pourrions presque clore notre aperçu biographique, considérant que pour les 50 années à venir, Haydn connut une carrière sans accroc, „sans histoire” et, après avoir traversé une adolescence, on l’a vu, guère facile, se vit plutôt gâté et favorisé par le destin.

Car, en entrant au service des Esterházy, Haydn eut la chance de tomber sur l’employeur et le mécène idéal. Il n’eût pu trouver mieux. Des princes amateurs de musique, certains donnant même dans la composition (3), qui mirent à sa disposition tout ce dont il avait besoin dans son travail. Le prince Nicolas Esterházy, frère de Paul-Antoine à qui il succéda, était passionné de baryton. Instrument à cordes proche de la viole de gambe, alors en vogue (viola di Bardone) pour lequel Haydn composa non moins de 170 oeuvres...

Si Haydn se vit contraint de composer, presque sur ordre, pour ses employeurs - ce qui explique en partie l’abondance de son oeuvre - cela lui procura par contre un immense avantage sur son ami Mozart et sur son élève Beethoven, a fortiori sur le pauvre Schubert: bénéficier d’un orchestre (de qualité) pour faire jouer et expérimenter ses créations.

La vie à Eisenstadt (l’hiver) et à Fertőd (l’été) s’avéra d’emblée plutôt agréable. Il faut dire que le château de Fertőd (Eszterháza), probablement l’un des plus beaux en Europe, non par sa taille, mais par son harmonie, offrait des conditions idéales: beaux jardins, opéra de 400 places (!), théâtre de marionnettes (tous deux détruits dans un incendie), sans parler des appartements. Restauré, le château, situé en Hongrie près du lac frontalier de Neusiedl, se visite.

 

Fertőd (Eszterháza)

Logé avec les musiciens dans un bâtiment à part, le couple Haydn disposait de trois pièces, donc d’un certain confort. Seul inconvénient, mais de taille: son éloignement de Vienne lui fermait l’accès à la vie musicale de la capitale (du moins au début), son employeur répugnant à s’éterniser dans une ville qu’il avait en horreur..

Matériellement, en sus de la pension que lui versait le prince, Haydn  put peu à peu se procurer des revenus par la publication de ses oeuvres. D’un montant d’abord modeste ces revenus devinrent peu à peu consistants, voire confortables, au fur et à mesure que se répandait sa renommée, non seulement à Vienne, mais aussi à Londres et Paris.       

Nous sauterons dix bonnes années pour nous retrouver vers le début-milieu des années 1770. Tout d’abord en nous transportant en septembre 1773, alors que Marie-Thérèse se rend pour la première fois à Eszterháza. Visite qui sera désormais suivie de nombreuses autres, tant elle apprécie le lieu et l’accueil. Une visite qui sera suivie deux ans plus tard par une fête mémorable, à l’occasion de la visite de l’archiduc Ferdinand et de l’archiduchesse Marie-Béatrice. Une débauche de luxe impressionnante dont nous a été laissé un compte rendu détaillé. Compte rendu par lequel on voit que Haydn et ses musiciens occupaient une place bien modeste dans la hiérachie, placés en fin de cortège derrière les hussards et....tout juste devant la meute. Un cortège accompagné de 2000 paysans. Fouquet n’a probablement pas déployé davantage de luxe à Vaux-le-Vicomte. Mais bon, Marie-Thérèse n’était pas Louis XIV et, si l’on peut penser qu’elle put en être un peu contrariée, elle eut le bon goût de ne pas le montrer.

A cette époque, Haydn, qui avait tout juste la quarantaine (et qui correspond à la naissance de Beethoven), avait déjà composé nombre de symphonies et de quatuors, ainsi que quelques premiers opéras joués au château (4). Sa réputation n’allait pas tarder à dépasser les limites du château, puis les frontières du pays pour se propager in  fine dans toute l’Europe.

A propos des symphonies, on se rapellera l’anecdote bien connue liée à la symphonie des Adieux (écrite en 1772). Non pour l’anecdote en soi, mais pour ce qu’elle nous révèle dans les rapports des musiciens avec un prince autoritaire et surtout sur la générosité de leur maître Haydn. Logés à l’étroit, les musiciens de l’orchestre ne pouvaient héberger femmes et enfants. (Seuls faisaient exception deux ou trois musiciens solistes privilégiés). Ce qui amenait femmes et marmots à leur rendre de temps à autre visite dans les temps libres. Pratique qui excéda Nicolas (on imagine la pagaille..) qui intredit carrément les visites, désormais seulement autorisées en son absence. Or, malgré ses promesses, le prince retarda constamment son départ pour Vienne. Ce qui empêchait du même coup les musiciens de recevoir les leurs. D’où la fameuse intervention de Haydn avec l’histoire que l’on sait des bougies soufflées une à une sur les pupitres. Une intervention qui convainquit finalement le prince de quitter le château, mais qui témoigne aussi de la solidarité et du courage de Haydn, sachant que la tentative aurait pu lui coûter son poste.       

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Tout cela est bien beau. Mais quid de la vie sentimentale ? On sait que le couple Haydn n’était pas heureux. Mais alors? Et bien justement, la rencontre ne tarda pas à se produire, en l’occurrence en 1779. Elle était italienne - encore mieux: napolitaine! - s’appelait Luigia, avait 19 ans et chantait. Luigia accompagnait un vieux mari souffreteux (un certain Polzelli) qui venait de se faire engager dans la chapelle du prince. Deux ménages en berne, une charmante jeune femme et le patron de son mari, tout aussi charmant, amoureux. Voilà une bonne occasion à ne pas manquer ! Et Luigia ne la loupa pas. Agé de 47 ans, Joseph était de 28 ans son aîné. Malgré tout, même si une bonne part d’intérêt joua au départ dans cette relation, la suite nous prouvera que Luigia avait vraiment un réel penchant pour Haydn, un homme au demeurant de belle prestance, solide et en parfaite santé (5), et elle lui resta - si je puis dire.. – fidèle (6). Même après le départ du couple Polzelli de Eszterháza suite au décès du prince en 1790, les deux amants restèrent en relation épistolaire. Attendant avec une impatience croissante – et non sans cynisme – le „départ” du/de la conjoint/e encombrant/e. C’est le vieux Polzelli qui eut le bon goût de partir le premier, l’année suivante. Le mot que lui écrivit alors Haydn en dit long: „Peut-être viendra le moment si souvent souhaité ensemble, où quatre yeux se seront fermés. Deux le sont déjà; pour les deux autres, remettons-nous en à la grâce de Dieu”. No commnent....  Sauf que la „grâce de Dieu” ne vint pas, cette chipie de femme, comme fait exprès, ayant encore tenu neuf longues années avant de se décider enfin à quitter ce monde à 71 ans, après 40 ans de mariage!... Encore une crasse faite à son mari ? Ceci dit, la réaction de Haydn, pourtant le meilleur des hommes, tend à prouver que cette Maria-Aloysia, sa „bestia infernale” a dû lui en faire sacrément baver pour qu’il en arrivât là...

Et pendant ce temps, Haydn continuait à produire, de sorte que sa réputation ne tarda pas à s’étendre à l’étranger. Seul désagrément, mais de taille: un incendie détruisit en 1779 le théâtre du château avec une partie de ses partitions. Dès l’année suivante (1780), le théâtre reconstruit fut réouvert avec la représentation de ce qui restera probablement son meilleur opéra: „La Fedletá premiata” (La fidélité récompensée). Période où meurt Marie-Thérèse, son fils Joseph II lui succédant sur le trône.   

En ce début des années quatre-vingts, alors qu’il a la cinquantaine, Haydn jouit d’une réputation internationale bien enviable. Joué à Paris où ses symphonies, régulièrement inscrites au programme des concerts de la Loge Olympique, remportent un vif succès. Il écrivit notamment à l’intention de cette prestigieuse formation une série de six symphonies (nos 82  à 87 aujourd’hui connues sous le nom de „symphonies parisiennes”). L’accueil en fut enthousiaste et l’on pouvait notamment lire dans le Mercure de France de janvier 1788 le commentaire suivant (dans le style ampoulé de l’époque): „Ces symphonies du plus beau caractère et d’une facture étonnante ne peuvent manquer d’être recherchées avec le plus vif empressement par ceux qui ont eu le bonheur de les entendre. Le nom de Haydn répond de leur mérite extraodinaire.” Un détail que l’on retiendra au passage: dans l’orchestre parisien figurait un certain Cherubini...qui déclara alors avoir reçu le choc de sa vie. Qui dit mieux?

En Angleterre également, la réputation de Haydn était bien établie, le Prince de Galles lui-même tenant la partie de violoncelle dans l’interprétation de ses quatuors. Il n’est pas jusqu’en Espagne où un chanoine de Cadix lui commanda pour l’office du Vendredi saint une symphonie illustrant les Sept dernières paroles du Christ en Croix. Une oeuvre dont Haydn nous a laissé quatre versions: pour orchestre, pour quatuor à cordes, pour orchestre et choeurs (cantate), ainsi qu’une réduction pour piano. 

Quand on sait qu’alors, Haydn n’avait pratiquement pas quitté sa campagne retirée du Burgendland, il y a là un phénomène quelque peu surprenant. Car son nom était devenu un phénomène de mode, et ce non seulement à Londres, Paris, Cadix ou Madrid (le roi d’Espagne lui-même lui ayant adressé un cadeau), mais aussi à Berlin, Amsterdam et en bien d’autres lieux.

Haydn dont le premier voyage de sa vie eut lieu quelques années plus tard, à Londres en 1791. Mais nous y reviendrons. En attendant, restons en cette année 1785 qui fut marquée par une importante rencontre: celle de Haydn avec Mozart (alors âgé 28 ans). Une rencontre - tenue le 12 février au domicile de Mozart - qui devait marquer le début d’une profonde amitié malgré les 25 ans qui les séparait. Amitié malheureusement de trop courte durée, puisqu’elle fut brusquement interrompue par la mort de Mozart en décembre 1791.  C’est Léopold, le père de Wolfgang, qui nous en a laissé non sans fierté le récit:  „Monsieur Haydn m’a déclaré: «Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse en personne ou de nom; il a du goût et en outre la plus grande science de composition»”.

C’est également l’année où Joseph Haydn intégra la franc-maçonnerie, qui était alors très en vogue dans l’Autriche de Joseph II, lui-même franc-maçon. Une anecdote à ce sujet: Mozart, qui venait d’entrer en décembre 1784 dans une loge, voulut assister le mois suivant à l’intronisation de Haydn (loge Zur wahren Eintracht). Mais, rappelé par le prince à Eszterháza, Haydn dut reporter la cérémomie.

1790: une année décisive qui va, sinon bouleverser, du moins sensiblement modifier la vie de Haydn (qui approche alors de la soixantaine). En janver 1790, alors qu’il se trouve à Vienne pour y assister à une représentation des Noces de Figaro et de Cosí fan tutte,  Haydn se voit rappelé d’urgence à Eszterháza: le prince Nicolas vient de mourir. Décès suivi de peu par celui de son épouse Elisabeth. Haydn, retranché dans la solitude, est malheureux: „Me voilà dans mon désert, abandonné comme  un orphelin” écrit-il à son amie Marianne von Genziger. Marianne von Genziger, une bonne amie récemment croisée lors d’un de ces déjeuners musicaux organisés à Vienne par quelques musiciens et amateurs, dont Mozart. Médecin réputé, son mari était au service des princes Esterházy. Fine, spirituelle, également bonne chanteuse, elle entretint avec Haydn une réelle amitié, peut-être aussi teintée d’une légère touche d’affection et d’affinité de coeur. Amitié qui fut brusquement interrompue par sa mort en 1793. Cette même année 1790, l’empreur Joseph II s’éteint également le 20 février.

Successeur de Nicolas, le prince Anton Esterházy n’aimait pas particulièrement la musique. Il congédia donc l’orchestre pour ne conserver qu’un petit ensemble de musique militaire. Du même coup, Haydn se vit libéré de ses obligations, sinon  de jure, du moins de facto, et alla s’installer à Vienne, d’abord chez un ami, puis dans un logement qu’il s’achetera par la suite.

C’est alors qu’intervint un événement inattendu qui allait profondément changer sa vie. Haydn reçut à Vienne la visite d’un certain Salomon, impressario, organisateur de concerts sur la place de Londres. Un personnage alors très populaire dans la capitale britannique où il organisait de concerts. Violoniste né à Bonn - dans la même maison que Beethoven (!), mais 25 plus tôt - il était, disait-on, un homme affable et bon communicant (7). Ayant appris la mort du prince Nicolas Esterházy, il venait proposer un accord: inviter Haydn à Londres où il s’engagerait à diriger une série de 20 concerts au cours desquels il produirait à chaque fois une oeuvre nouvelle, s’engageant également à y créer un opéra. Apparemment, notre ami sut convaincre Haydn qui signa. Cela se passait en novembre 1790. Un mois plus tard, Haydn était en route pour Londres.

Mais cette démarche ne fut pas la seule. Dès que se répandit la nouvelle de la mort du prince, donc de la plus grande disponibilité du compositeur, Haydn reçut plusieurs offres. Dont celle du roi de Naples qui lui offrait le poste de maître de chapelle. Mais, resté malgré tout attaché aux Esterházy, Haydn refusa.

Haydn, qui avait alors 58 ans, n’avait jamais voyagé de sa vie et ne parlait aucune langue étrangère (sinon peut-être quelques notions d’italien?). Il eut beaucoup de mal à se résoudre à partir et dut se faire une violence. Mais la tentation était trop forte. Bien que Mozart tentât de l’en dissuader, lui déclarant lors d’un repas pris en présence de Salomon: „Vous n’y résisterez pas longtemps, et reviendrez certainement bientôt, car vous n’êtes plus jeune”, ce à quoi son aîné lui rétorqua: „Je suis encore en pleine forme et n’ai rien perdu de mes forces.”  Plus connue est la phrase que Mozart lui lança au moment des adieux: „Cher papa (8), vous n’êtes pas fait pour courir le monde et vous parlez trop peu de langues”. Et Haydn eut alors cette merveilleuse réplique: „La langue que je parle est comprise dans le monde entier”. Sur quoi Mozart ajouta:  „Je crains que nous soyons en train de faire nos adieux”. Effectivement, le jeune Mozart allait mourir un an plus tard et les deux amis ne devaient donc plus se revoir. Car, contrairement à la prophétie de Mozart, Haydn allait séjouner dix-huit mois dans la capitale anglaise (janvier 91-juin 92), où il allait retourner par la suite.

Ayant obtenu sans difficulté un congé du prince, Haydn quitta Vienne le 15 décembre. En route vers Calais, il passa à Bonn où l’on ne sait s’il rencontra Beethoven, alors âgé de 20 ans. Peu probable. Ou, si oui, il semble que Haydn n’y prêta guère attention. C’est au retour, dix-huit mois plus tard, que se déroulera une rencontre en les deux hommes, pour le coup décisive (cf. infra). Après un voyage de 19 jours sous des pluies torentielles, Salomon et Haydn débarquent à Londres le 2 janvier.       

Lors de son séjour londonien, Haydn a couché ses impressions dans un carnet aujourd’hui conservé. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut pas tendre à l’égard des Anglais. A tort ou à raison, allez savoir! Déplorant par exemple la débauche morale de la haute société perdue dans des beuveries. Mais le plus sévère (probablement injuste) est l’appréciation qu’il porta sur les femmes dans un langage assez cru. „La femme française est vertueuse avant le mariage, p.... après; la femme hollandaise est  p.... avant le mariage et vertueuse après; la femme anglaise est p.... toute sa vie.” Trivial et pas particulèrement bienveillant...

C’est donc lors de ce séjour (1792) et lors du suivant (1794) que Haydn nous offrit ses merveilleuses symphonies dites londoniennes, les toutes dernières (nos 93 à 104). Des oeuvres qui lui donnèrent, selon lui, un mal fou, mais pour quel résultat! Ecrites dans des circonstances qu’il convient ici de citer, car pas toujours connues. (Autre oeuvre dont il eut du mal à accoucher: l’opéra „L’anima del Filosofo ossia Orfeo”, entre nous pas un chef d’oeuvre...)  

Face à la formation de Salamon dirigée par Haydn se trouvait à Londres un orchestre concurrent, les Concerts professionnels alors dirigés pour la saison 1791-1792, par Ignace Pleyel, réputé comme excellent symphoniste. Pour contrecarrer cette initiative, Salomon encouragea Haydn à leur opposer des symphonies de sa plume. On a beaucoup parlé de cette  „concurrence” entre deux compositeurs que la société londonienne, friande de ce genre de duels, s’employa à exarcerber. Bref, cherchant à les monter l’un contre l’autre. Or, il n’en fut rien, bien au contraire. De 25 ans son cadet, Pleyel, encore adolescent, avait été accueilli par Haydn qui lui avait prodigué des leçons, sur recommandation du comte Erdődy, de 1772 à 1777. Pleyel lui en resta reconnaissant, éprouvant une profonde admiration envers son maître, au point que c’est par une symphonie de Haydn qu’il ouvrit 13 février 1792 la saison des concerts (9).   

En juin de la même année, Haydn repartit pour l’Autriche, s’arrêtant de nouveau en route à Bonn. Cette fois-ci, nous savons, grâce au témoignage de Wegeler, ami de Beethoven, qu’il rencontra le jeune Beethoven. Celui-ci lui soumit une cantate de sa facture (Cantate sur la mort de Joseph II) dont Haydn approuva l’écriture. Haydn qui lui proposa alors de se rendre à Vienne pour y être son élève. Conseil qu’allait suivre Beethoven.

Fin juillet, Haydn se trouvait de nouveau à Vienne. Entre temps, il avait appris la mort de Mozart qui, comme l’on l’imagine, l’avait profondément bouleversé. La phrase qu’il eut à cette occasion: „Il faudra plus d’un siècle pour pour retrouver un talent de cette envergure”.  Ceci quelques mois avant qu’il rencontre le jeune Beethoven, qui ne se fera pas attendre „un siècle”. Aussitôt arrivé, il y retrouva donc Beethoven qui ne se l’était pas fait redire deux fois et, par l’intermédiaire du baron Zmeskall, demanda à être son élève. Une relation ambigüe, Beethoven reprochant à Haydn de prendre ces leçons trop à la légère, refusant même plus tard qu’on lui attribue le titre „d’élève de Haydn”. Or, quand on saura que, dans son dos, Beethoven fréquentait par ailleurs un autre professeur (Schenck) et utilisait Haydn pour lui corriger ses copies, nous nuancerons notre jugement. Beethoven qui, toutefois, vénéra Haydn toute sa vie, ayant même chez lui une gravure représentant la maison natale du maître, à laquelle il tenait beaucoup. Haydn, dont le style allait exercer une profonde influence sur Beethoven, comme on le verra par la suite.  

Suivit un second voyage à Londres de février 94 à août 95, où il s’était entre autres lié d’amitié avec le Prince de Galles, et où il eut encore le temps de monter un concert de bienfaisance („Soirée du Dr Haydn”)  qui eut un très vif succès . Malgré tout ce qu’il avait écrit dans son carnet sur les „moeurs locales”, ces séjours à Londres constituèrent, aux dires de ses amis, les plus belles années de sa vie. Et ce à maints égards: gains substantiels, mais aussi et surtout grande renommée. A ses yeux, sa renommée en Allemagne provenait de celle qu’il s’était acquise en Angleterre, et non l’inverse.

Le voyage du retour se fit selon un itinéraire différent du précédent, par Hambourg (où il souhaitait rencontrer Karl-Philippe Emmanuel Bach, ignorant qu’il était mort depuis déjà 7 ans) et Dresde, pour descendre ensuite sur Passau où il entendit  une interprétation des Sept dernières paroles du Christ en croix.   

De retour à Vienne où il arriva début septembre 95 jusqu’à sa mort le 31 mai 1809, Haydn ne quittera que rarement la capitale autrichienne. D’autant que le nouveau prince Esterházy, Nicolas II, n’appréciait pas la résidence d’Eszterháza (se repliant au pire sur Eisenstadt). Un prince qui n’aimait pas la musique et avec qui Haydn eut des relations tendues. Vaniteux et prétendant émettre des critiques à l’égard de sa musique, celui-ci se vit un jour sèchement remis à sa place par Haydn. „Altesse, dans ce domaine, c’est moi qui décide”. Et vlan! Bravo, papa! Réplique que, vu sa réputation (et la différence d’âge) , il pouvait se permettre de lancer.

Ces années 95-96 furent celles d’une multiplication des rencontres entre Beethoven et Haydn, qui fréquentaient les mêmes concerts. Epoque où, non encore atteint par la surdité, le jeune Beethoven se taillait de grands succès comme pianiste. Une relation où chacun admirait secrètement l’autre, mais non exempte de petites chiquenaudes sans conséquence. (L’histoire selon laquelle Haydn, après les avoir entendus, aurait déconseillé à Beethoven de publier ses trois trios de l’opus 1 est probablement erronée.)

Parmi les créations de cette „dernière période”, il nous est bien difficile de faire une sélection, tant abondent les chefs-d’oeuvre. Nous nous bornerons à citer la Missa in tempore bello, ditePaukenmesse (96), l’hymne impérial Got erhalte den Kaiser, insipiré du God save the Queen (97), la Missa in Augustus, dite Messe Nelson (98) et la Theresienmesse (99). Le temps fort étant sans conteste la première représentation de La Création, son chef. d’oeuvre absolu, le 19 mars 1799 au Théâtre de la Cour, le Burgtheater (10). Ce fut, non un succès, mais un triomphe, la foule s’étant amassée aux portes du théâtre trois heures avant le début de la rerpésentation. Et, bien sûr, la recette fut en conséquence. Période où il travaillait déjà sur son second oratorio,Les Saisons. Une Création qui fut représentée le 24 décembre de la même année à l’opéra de Paris en présence de Bonaparte, ce qui témoigne bien de son succès. C’est précisément en s’y rendant que le Premier Consul fut visé par l’attentat de la rue St Nicaise. Suivirent les Saisons, autre chef d’oeuvre, dont la première représentation eut lieu le 24 avril 1801 avec le même succès au palais du prince Schwarzenberg. .    

Pour le coup, avec ces deux oratorios servis en l’espace de deux ans, on peut dire que Haydn a été sacrément inspiré (sacrément aux sens propre et figuré)et aura comblé, gâté son public... et nous avec a posteriori....  Suivirent deux autres messes, la Schöpfungsmesse et l’Harmoniemesse (1801-1802).

Pendant ce temps, le 5 nivôse de l’An X (traduisez par 27 décembre 1801), Haydn était élu membre de l’Institut de France.

Une abondante activité créatrice qui commença à se tarir dans les années suivantes (1803-1809). Années où la faiblesse physique prit le pas, mais sans pour autant entamer sa bonne humeur, sauf dans les derniers mois. Comme dernier temps fort, nous mentionnerons une mémorable représentation de la Création le 27 mars 1808 par le Concert des Amateurs sous la baguette de Salieri dans la salle des Fêtes de l’Université. C’était en quelque sorte un concert d’adieu. Concert auquel participa le tout Vienne, Beethoven inclus, qui ne manqua pas de s’incliner devant le maître.Nous en conservons une gravure, ainsi qu’un compte-rendu détaillé: „Dès sa descente de voiture, il fut accueilli par les membres de la haute noblesse. La foule était telle qu’une garde militaire se révéla nécessaire pour maintenir l’ordre.”

Mais, pour Haydn, le coeur n’y était déjà plus et c’est plongé dans une profonde mélancolie qu’il regagna son domicile de Gumpendorf.

Il ne lui restait plus que quinze mois à vivre. Ses derniers jours furent particulèrement douloureux, non au physique mais au moral. Nous sommes en mai 1809: les troupes du maréchal Lannes viennent d’entrer dans Vienne qu’elles ont auparavant abondamment bombardée. Provocant à nouveau la fuite de la noblesse. Profondément patriote, Haydn en fut terriblement meurtri, humilié. S’asseyant chaque jour à midi à son clavier pour y jouer l’hymne impérial qu’il avait lui-même composé. Incident curieux: alors que des coups de canon éclatèrent à proximité, Haydn très affaibli se reprit, lançant à l’entourage: „N’ayez pas peur, mes enfants! Là où est Haydn, rien ne peut arriver”. Le 31 mai à une heure du matin, Joseph Haydn rendit son dernier souffle. Il venait d’avoir 78 ans.

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 On a beaucoup écrit sur la musique de Haydn. Lui décernant les titres de „père de la symphonie” ou encore „créateur de la forme classique et du quatuor à cordes”. Ce qui n’est pas tout-à-fait exact, la forme symphonique l’ayant précédé chez les membres de l’école de Manheim, tel Stamitz. Le quatuor à cordes, issu du trtio, étant encore plus ancien (Th.Baker, Dictionnaire des Musiciens). Il n’en demeure pas moins qu’il a jeté les bases d’un style entièrement neuf, imprimant à ses quatuors et symphonies des mouvements en forme sonate contrastés (Allegro-Andante-Allegro avec insertion d’un Menuet) et particulièrement expressifs. Autre caractéristique, cette présence quasi permanente de la fibre populaire, Volkstumlichkeit, et des rythmes de danse (le finale de l’Automne des Saisons !) si caractéristique.    

Des oeuvres souvent empreintes d’humour et non sans nous résever des surprises. Tel ce finale de quatuor que l’on croit achevé alors qu’après une légère pause, le tout repart de plus belle. Plus que chez tout autre compositeur, ses symphonies, fort imagées et expressives, portent presque toutes un nom, parfois cocasse (L’Ours, La Poule, L’Horloge)

Enfin, je soulignerai l’importance du rythme dans ses compositions. Ce n’est pas pour rien qu’il s’exerça aux timbales dans son enfance. Voyant ici en lui le véritable précurseur de Beethoven. Plus que Mozart chez qui prévaut la mélodie.

Haydn nous a laissé une production particulièrement riche et nombreuse, mais dont on ne connaîtra jamais toute l’étendue, certaines oeuvres ayant été perdues, d’autres au contraire faussement attribuées à lui.

Le jugement posthume me semble bien injuste, qui met Haydn en retrait derrière Mozart, comme nous déprécions parfois Schubert dans l’ombre de Beethoven. Certes, Haydn ne nous aura pas produit ces grands opéras que nous a laissés Mozart, encore moins ses concertos (11). Mais ses quatuors ? Ils les valent bien. Et puis n’oublions pas ces deux chefs d’oeuvre que sont La Création et Les Saisons.

Quant à la personne, que dire? Sinon qu’il eut la réputation d’être un homme fort affable et hautement sympathique - d’où le surnom affectueux de „Papa Haydn” -, modeste, fin et spiriruel toujours de bon humeur et adorant recevoir. Et ce, comme on l’a vu, malgré une enfance guère facile et un mariage malheureux (mais dont il sut bien se consoler). 

Ce modeste fils de charron pratiquemnent sans éducation, mais autodidacte assidu et décidé qui, à 18 ans, battait sans le sou le pavé des rues de Vienne, devint le musicien le plus renommé de son temps, célébré dans toute l’Europe, courtisé par les rois. Ne l’oublions pas et tirons lui notre chapeau.

Pierre Waline

___________

(1): au point qu’il tint la partie de timbales lors de la représentation d’une de ses symphonies à Londres, non sans susciter l’admiration du public et des musiciens épatés.   

(2): Constance sur qui maints biographes se jetent goulûment comme chiens à la curée pour la dépecer joyeusement. Ne lui pardonnant probablement pas d’avoir joué le rôle de simple épouse auprès d’un génie sans se jeter constamment à ses pieds. Or ils s’entendaient parfaitement, aimaient jouer, se taquiner ou danser ensemble. Un Mozart qui, bien que pas forcément fidèle, se montra très amoureux et jaloux de sa femme comme en témoigne leur correspondance. On trouvera dans les pages qui suivent un petit plaidoyer en sa faveur.

Une remarque qui a le don de m’irriter: le reproche que l’on fait à Constance de ne pas avoir assisté à l’enterrement de son mari. 1) Pour des raisons sanitaires, les corps, enduits de chaux vive, devaient immédiatement être inhumés. 2) Il y avait alors une violente tempête de neige et Constance était alitée avec une forte fièvre. 3) Elle avait deux enfants - dont un nourrisson - à garder et, que je ne sache, le baby sitting n’existait pas à l’époque. Sans compter que son mari l’avait laissée sans le sou.

(3): Les Esterházy (parfois écrit à tort „Eszterházy”) étaient issus de la petite noblesse de Haute Hongrie, actuelle Slovaquie  (nom initial: Eszterhas de Galántha). Très vite, la famille devint l’une des plus en vue de l’empire. Nicolas II (Miklós), frère de Paul Antoine, se distingua au combat (bataille de Kolin lors de la guerre de Sept ans). C’est lui qui fut près de 30 années durant (1762-1790) le principal employeur de Haydn. Un ancêtre, Paul (Pál) écrivit en 1701 une série de cantates du plus bel effet dont il existe un enregistrement (Harmonia Caelestis, 2 CD édités sous le label Hungaroton). La famille possédait deux résidences hors de Vienne: Eisenstadt (Kismarton) en Autriche et le merveilleux château de Fertőd (Eszterháza) en Hongrie.  

(4): entre autres à son  actif en 1775 (il a alors 43 ans): une cinquantaine de symphonies, quatre séries de six quatuors, 14 trios avec clavier, une trentaine de sonates pour clavier et surtout quatre opéras dont la délicieuse Infedeltá delusa composée pour la venue de l’impératrice en 1772. C’est aussi en 1775 qu’il composa son premier oratorio „Il Rotorno di Tobia”.

(5): malgré un polype peu discret sur le nez qui l’incommodera toute sa vie. Mais Haydn ne put se résoudre à le faire enlever.

(6): du moins tant qu’elle vécut à Eszterháza. Car elle finit par épouser en 1801 (mais Haydn avait alors 69 ans...), un chanteur italien (Luigi Franchi). D’aucuns prétendent que, lors de leur „vie - presque - commune” à Eszterháza, elle aurait eu un enfant de lui.  Très peu probable. Luigia eut effectivement deux fils, Antonio et Pietro, qui se déclarèrent enfants naturels de Haydn. Mais Haydn s’insurgea contre ce bruit, qu’il affirma être erroné. Bien qu’il éprouvât une profonde affection pour le cadet Pietro.   

(7): c’est Salomon qui fonda à Londres la Philharmonic Society, devenue par la suite la Royal Philhormic Society, aujourd’hui Royal Philharmonic Orchestra. Les concerts étaient donnés à Hannover Square Room, salle prestigieuse où se produira plus tard Berlioz et où Mendelssohn créera sa symphonie écossaise.

(8): „Papa Haydn”, ainsi avaient pris l’habitude de l’appeler affectueusement ses élèves et jeunes amis.

(9): né près de Vienne, Ignaz (Ignace) Pleyel (1757-1831) est aujourd’hui encore réputé pour la qualité de ses symphonies, que les musicologues arrivent parfois à peine à distinguer de celles de Haydn, tant son style était proche de  celui de son maître. Il finit par s’établir en 1795 à Paris où il fonda la célèbre maison de pianos.

(10): sur un livret écrit par son ami et frère de loge, le baron von Swieten.

(11): mis à part le merveilleux concerto pour violoncelle en ré.

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